mercredi 15 juin 2011

s.l.n.d. #1

Voyou ? Voyelle ?
Comme tu es mon voyou,
moi je suis ta voyelle.
A tant nous jouer d'il,
à tant nous rire d'elle,
un jour nous ne saurons
plus lequel est laquelle.
Quand viendras ce jour, la belle affaire,
nous gagnerons mon île
à tire-d'aile.
Voyou ?
Voyelle ?
La bagatelle...

mardi 8 juin 2010

soli Deo gloria

Et l'étoile se fit
luminaire céleste
pour éclairer tout homme et nous guider vers Dieu.

Et la paille
se fit berceau sacré
pour attirer à lui l'adoration des foules.

Et l'humble servante se fit
Mère du Très-Haut
pour prendre par la main les disciples du Fils.

Et Dieu se fit
petit enfant.

samedi 5 juin 2010

pH neutre

Aux branches du verger, nos habits sont pendus
Et sur l'herbe roussie, deux garçons étendus
Dorment.
Ils nous figurent et nous mettent au présent
D'une histoire fomentée par toi,
Pour toi,
Contre moi.

Les ordres sacrés me devancent et vers eux,
Poussé par le coeur, retenu par la chair,
Tu t'avances.

Tu t'éparpilles et pilles
Aux coeurs d'enfants prodigues
Envers toi.
Tu puises et t'épuises, te déçois.

Mais,
Vois, je demeure et t'attends.

vendredi 4 juin 2010

Cycle des Dames - 2 - Pour Gabrielle W.

Je vous appelle - Gabrielle
de cette seule voix,
dernière qui me permette encore
d'attraper votre main
pâle et
vide d'avoir trop écrit.

Morte étouffée d'avoir aimé trop fort.

Aux cieux des sans-ciel,
colère tonitruante et majestueuse,
plume majeure,
majeur dressé,
toujours.

Cycle des Dames - 1 - Oraison pour Louise Bourgeois.

Comme,
tout comme
sous la main chaude
l'oiseau retenu,
l'infante
- genoux pliés
- bras croisés autour
- fesses mouillées de l'herbe rose
sous les branches
de l'arbre tombé déjà depuis longtemps
des jambes comme les jambes
de la tisseuse araignée maternelle.

L'infante est là. Elle pleure.
Elle ne pleure plus. Elle n'est.

jeudi 3 juin 2010

Sorores dolorosae - Acte 1

Les trois sœurs,
Montent et croissent à force de soleil.

Elles se réjouissent de leur vue,
Le regard
S’y accroche, s’y agrippe, s’y enfouit.

Le regard y est bien.

Les trois sœurs s’offrent
Aux yeux
Aux becs
Aux serres
Des oiseaux de grands cieux
Qui tournoient et picorent

A tout cœur.

Voluptas, atis (f).

D’abord tes mains,
bientôt multiples,
courant mon corps, le couvrant, le découvrant.
Frottements infimes et
frénétiques.
Tes mains,
tes mains-là,
tendues comme des arcs,
des traits
tirés à mon cœur, contre lui, au-dedans de lui.
Danse infernale,
sabbat hors du temps,
soupirs… - j’exulte.